Thomas Jefferson
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Même si Thomas Jefferson (1743-1826) s'était déjà retiré de la vie publique au moment où la guerre a commencé, des politiques, mises en place au cours de son mandat à la présidence, ont eu une influence sur son déroulement et son résultat. Vers la fin du XIXe siècle, la marine marchande américaine était sous les feux croisés des blocus maritimes français et britannique. Les violations de leurs droits maritimes rendaient les Américains furieux et l'Administration de Jefferson répliqua par des embargos. En guise d'exemple, le Congrès donna, en 1806, son accord pour prohiber l'importation de certaines marchandises britanniques. Le président Jefferson comprenait que la tension montante entre son pays et la Grande-Bretagne était dangereuse et proposa des mesures afin de renforcer les défenses. Il s'agissait, en guise d'exemple, de réorganiser les milices des États et de construire soixante-quatorze canonnières. Mais le Congrès ne démontra que peu d'intérêt pour les propositions de Jefferson. L'affaire de la baie de Chesapeake, où des marins américains furent pratiquement enlevés par la Royal Navy, amena les deux pays à un cheveu de la guerre. Jefferson appela la milice à la défense des côtes et dépêcha en Grande-Bretagne un navire porteur d'une demande d'explication officielle. Il mena ensuite des consultations sur la possibilité d'une réplique militaire. Mais, compte tenu de l'état pitoyable de l'armée et de la marine américaines, on privilégia plutôt les pressions économiques. En 1807, le gouvernement américain mit en vigueur l'Embargo Act. Cette mesure, qui fermait les ports américains à tout trafic commercial aussi bien entrant que sortant, fut extrêmement impopulaire parce qu'elle faisait plus de tort aux États-Unis qu'à l'Angleterre ou à la France. Deux ans plus tard, Jefferson prenait sa retraite, laissant tout cet imbroglio de politique étrangère à son successeur, James Madison. Jefferson s'était efforcé d'éviter la guerre, mais quand elle fut déclarée, en 1812, il l'accueillit avec un optimisme naïf. Au début, il croyait que, pour conquérir le Canada, il fallait " tout simplement y faire entrer l'armée. " Même à la fin des hostilités, après que les États-Unis eurent subi des dizaines de défaites, Jefferson disait que, si la guerre avait duré plus longtemps, les Américains auraient pris Québec et Halifax. Jefferson, le sage de Monticello, suivait de très près le cours de la guerre, mais n'offrait que rarement ses conseils au président Madison. Il avait grande confiance en son ancien secrétaire d'État et blâmait les subordonnés de Madison pour les erreurs de l'armée. Après la reddition de Detroit, il dit publiquement que William Hull devrait être fusillé pour lâcheté et trahison. Quand les Britanniques brûlèrent Washington, ils incendièrent également la Library of Congress. C'est Jefferson qui jeta les bases de la version moderne de cette bibliothèque par le don de sa collection personnelle, d'environ six mille cinq cents livres, afin de remplacer les volumes perdus. Il s'agit là d'un de ses legs les plus durables.
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