John Le Couteur
|
John Le Couteur avait dix-sept ans quand il quitta l'île de Jersey pour découvrir le monde en faisant la guerre. Le jeune lieutenant avait espéré servir en Espagne, sous Wellington, mais il respecta le vu de son père et s'engagea dans le 10e Régiment d'infanterie, qui était stationné au Canada. Même s'il devint un soldat endurci et tenace, son journal personnel démontre qu'il ressentait de la compassion et qu'il était profondément affecté par les atrocités dont il était témoin. Il pleura, à la mort d'un de ses camarades, et perdit conscience, quand le sang d'un homme condamné au fouet éclaboussa son visage. Au Canada, les hommes de Le Couteur étaient heureux de servir sous lui, car il ne favorisait pas le régime traditionnel de flagellation et de cour martiale qu'imposaient les autres officiers. En février 1813, le 104e, qui était cantonné au Nouveau-Brunswick, reçut l'ordre de marcher de Fredericton à Kingston. Le journal de Le Couteur dépeint en détail cette marche impressionnante et décrit la vie difficile des soldats. Il participa à beaucoup de batailles, entre autres Sackett's Harbour et plusieurs des engagements de la campagne de Niagara, en 1814. Alors qu'il était stationné à Fredericton, en 1815, il fut choisi pour porter l'annonce officielle du traité de Gand à Montréal. Au cours de deux années et demie passées au Canada, Le Couteur acquit beaucoup de maturité et ses opinions sur les Américains évoluèrent. À son arrivée, il les considérait comme " des pires racailles que les Français. " Mais, quand il porta le drapeau blanc demandant une trêve avec les Américains qui occupaient le fort George, il fit la connaissance d'un des ennemis et les deux hommes s'entendirent extrêmement bien. Il nota beaucoup de ressemblances entre les deux peuples et écrivit que le conflit ressemblait " de façon troublante à une guerre civile. " Après la guerre, Le Couteur demeura quelque temps à Montréal, puis se rendit dans les Caraïbes. En mai de 1817, le 104e fut dissous et il rentra à Jersey, où il consacra le reste de sa vie à élever une famille et à occuper des fonctions officielles. Il mourut en 1875, à l'âge de 82 ans.
|