Guerre de 1812people

Thomas Macdonough

Américains

La bataille de la baie de Plattsburg

Thomas Macdonough naquit en Delaware, le sixième de dix enfants. Son père, médecin et major pendant la guerre de l'Indépendance, devint un politicien célèbre de l’État du Delaware. Orphelin dès l’âge de onze ans, Thomas obtint le grade d’aspirant dans la marine américaine grâce à l’influence de puissants politiciens, amis de son défunt père.

Macdonough servira plusieurs années sous les ordres du capitaine Alexander Murray à bord du Constellation, luttant contre les États barbaresques en Méditerranée. Au moment de son retour au pays en 1806, il maîtrisait avec brio autant les manœuvres que la navigation et le tir au canon. Durant son séjour en Méditerranée, Macdonough navigua également sous les ordres du capitaine Decatur à bord de l’Enterprise. Il se distingua durant la destruction du Philadelphia, un navire américain qui avait été rançonné par des pirates, et par la capture de deux canonnières tripolitaines. Il fut promu lieutenant. Les quelques années qui suivirent furent tranquilles pour la marine américaine, et Macdonough continua d’y œuvrer grâce à l’appui des amis de son père.

Au moment où s'amorce la guerre de 1812, Macdonough prend la tête d’une division de canonnières. En septembre 1812, on lui confie la responsabilité de tous les navires américains de la flotte du lac Champlain, constitué alors de deux canonnières qui prenaient l’eau, et de trois sloops marchands.

Macdonough était un homme profondément religieux qu’un contemporain décrivit comme un " gentilhomme chrétien ". Il citait volontiers les Saintes Écritures, se croyait le protégé de Dieu et savourait le respect sincère que lui vouaient ses hommes et ses supérieurs. Ses croyances religieuses pourtant ne l’ont pas empêché de devenir un combattant acharné. On raconte qu’un jour, il cassa son sabre en abordant un bateau pirate. Inébranlable, il continua de lutter contre un de ses adversaires, qui le tenait en joue, lui arracha son pistolet, avec lequel il le tua.

Afin de remédier à l’état lamentable de la flotte du lac Champlain, Macdonough s’associa à Noah Brown, le constructeur de navires new-yorkais. Les deux hommes transformèrent rapidement l’escadre. Le Ticonderoga, en guise d'exemple, étant à l’origine un bateau à vapeur, Brown en fit une goélette. Au printemps de 1814, Brown mit à l’eau le Saratoga, équipé de vingt-six canons. Plus tard, apprenant que les Britanniques construisaient une frégate géante à l’Île aux Noix, Macdonough et Brown répliquèrent avec le brigantin Eagle, équipé de vingt et un canons, construit en dix-sept jours seulement. Une performance absolue.

Quand la flotte britannique entra dans le lac Champlain au début de septembre, Macdonough savait pertinemment que l’ennemi, supérieurement armé, pouvait l’atteindre à longue portée. Au lieu d’affronter les Britanniques au milieu du lac, il choisit d’ancrer son escadre dans la baie de Plattsburg : les Britanniques seraient alors forcés d’attaquer de près. Dans le feu de l’action, le 11 septembre, Macdonough fit preuve d’ingéniosité. Il avait ancré son vaisseau-amiral de façon à ce qu’il puisse virer sans avoir besoin du vent. Macdonough, avec une portée nouvelle de 180o, lança une bordée, droit sur l’ennemi. L’action fut concluante et les Britanniques, forcés de se rendre.

Après la victoire, les États-Unis lui rendirent les honneurs qu’il méritait. Même les citoyens de Plattsburg lui firent cadeau d’une ferme dans les environs.

La bataille de Plattsburg fut le couronnement de la carrière de Macdonough. Victime de tuberculose, sa santé déclina. Après la guerre, à cause de sa santé chancelante, il commanda principalement des positions terrestres. Il servit, pour une courte période, comme capitaine du Constitution, mais, avant la fin de son premier voyage, il dut se retirer pour cause de maladie.