Guerre de 1812people

James Madison

 

 

Américains

 

Il devint évident qu’aucun discours ne puisse enrayer la vague de ressentiment antibritannique qui balayait la presque totalité de la nation américaine. Les gens de l’Ouest croyaient, à tort, que les Britanniques incitaient les Autochtones à s’attaquer aux colons américains, les War Hawks, nationalistes belligérants, étaient déterminés à mettre un terme aux transgressions maritimes des Britanniques, tandis que certains Sudistes entrevoyaient l’occasion de s’emparer de la Floride espagnole.

Le président Madison se sentait aiguillonné à déclarer la guerre à la Grande-Bretagne. Ironiquement, le jour même où Madison envoyait au Congrès son message en faveur de la guerre, le nouveau gouvernement britannique abrogeait les ordres en Conseil. Les tactiques économiques adoptées par Jefferson et Madison avaient enfin porté fruit, mais il était trop tard. Madison ne put rallier un appui unanime au sein de la chambre des Représentants ; celle-ci vota à soixante-dix-neuf contre quarante-neuf en faveur de la guerre. Le vote du Sénat fut encore plus serré ; on compta dix-neuf votes contre treize.

Ce schisme politique hanta Madison pendant toute la durée de la guerre. Après avoir été réélu en 1812, Madison confia le poste de ministre de la Guerre au général new-yorkais John Armstrong en espérant que cette nomination contribuerait à accroître le soutien de la population à l’effort de guerre. Mais celle-ci fit la sourde oreille aux appels de ralliement et de concessions de Madison. Les adversaires du président parlaient du conflit comme de " la guerre de monsieur Madison " en dépit du fait que Madison avait œuvré pendant dix-huit ans pour éviter une confrontation avec la Grande-Bretagne.

À l’été de 1814, ayant été informé que les Britanniques amplifiaient leurs activités autour de la baie de Chesapeake, Madison convoqua son cabinet pour discuter de la défense du district. Mais les chicanes internes du Cabinet empêchant toute action concrète, les Britanniques purent poursuivre leur avance contre Washington sans protection.

Le 24 août 1814, Madison se rendit à Bladensburg, Maryland, pour évaluer l’importance des forces britanniques. Il ne tarda pas à se rendre compte que la milice américaine n’était pas de taille à affronter les vétérans endurcis des guerres napoléoniennes. Ce soir-là, les Britanniques saccagèrent le palais présidentiel, le Capitole, et incendièrent la ville entière.

Le vent, toutefois, commençait à tourner pour les États-Unis. La marine américaine remporta une victoire décisive sur le lac Champlain, et l’armée repoussa les Britanniques à Baltimore. Finalement, le 8 janvier 1815, le général Andrew Jackson servit une véritable raclée aux Britanniques à la Nouvelle-Orléans. Ces victoires enflammèrent le patriotisme américain et, pour la première fois depuis le début des hostilités, la perception qu’avait la population de la guerre parut uniformément positive. Ironiquement, les délégations des États-Unis et de la Grande-Bretagne avaient signé un traité de paix à Gand, en Belgique, deux semaines avant le triomphe de Jackson.

Lorsque James Monroe fut élu président en 1817, Madison se retira pour aller s’occuper de sa propriété familiale en Virginie et pour jouir du statut passablement plus calme de vieil homme d’état. Il mourut en 1836.

 

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