Joseph Morrison
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Joseph Wanton Morrison avait cinquante ans quand eut lieu la bataille de la ferme Chrysler. Presque toute sa vie, il avait fait partie de l'armée britannique et il était considéré comme un officier fiable et discipliné. Son régiment, le 89e, et lui étaient fraîchement arrivés en Amérique du Nord, et c'était la première fois qu'il était commandant en chef dans une bataille. Dans les jours précédant la bataille de la ferme Chrysler, les hommes de Morrison avaient été à bord des canonnières du capitaine Mulcaster à pourchasser l'armée du général Wilkinson. Ils débarquaient chaque fois qu'une possibilité de harceler les Américains se présentait, et rembarquaient aussitôt pour continuer leur chasse. Le 11 novembre 1813, l'armée de Wilkinson mit finalement pied-à-terre, non loin de la ferme Chrysler. Morrison vit l'occasion parfaite d'amener les Américains dans une bataille rangée à l'européenne, la seule façon, se disait-il, pour ses troupes inférieures en nombre, d'espérer vaincre. Au cours de la bataille, les Américains, sous le général de brigade John Parker Boyd, chargèrent trois fois, comptant sur leur supériorité numérique pour l'emporter. Mais, de quelque direction que vienne l'assaut, les troupes britanniques, bien entraînées et sous les ordres experts de Morrison, exécutèrent une manuvre classique aussi parfaite qu'au terrain d'exercice, qui les mit chaque fois en position idéale pour décimer l'ennemi du feu concentré de leurs mousquets. Après un peu moins d'une heure, les Américains battirent en retraite jusqu'au fleuve, rembarquèrent dans leurs vaisseaux et traversèrent promptement vers la sécurité de leur côté du cours d'eau. Le lendemain, un conseil de guerre américain décida d'abandonner l'expédition sur Montréal. À la bataille de Lundy's Lane, Morrison, qui commandait toujours le 8e, fut grièvement blessé, ce qui le retira du service actif pour le reste de la guerre. Il mourut en 1826.
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