John NortonRapports de négociations entre Iroquois de deux côtés de la frontière canado-américaine
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Le chef iroquois John Norton apparaît comme lune des personnalités les plus intrigantes de la guerre de 1812. De nombreux détails de sa vie demeurent nébuleux, mais son rôle dans le conflit entre les forces britanniques et américaines en Amérique du Nord est très bien documenté. Fils dun père cherokee et dune mère écossaise, John Norton est probablement né en 1770. Il semblerait que le père de Norton se soit enrôlé dans larmée britannique puis qu'il se soit, par la suite, installé en Écosse, où il finit par se marier. Norton fut vraisemblablement éduqué en Écosse où, très jeune, il suivit son père dans larmée. À lâge de 14 ans, il fut posté en Irlande puis se retrouva à Québec en 1785. Il déserta alors que son régiment se trouvait à Niagara en 1787. Cest sans doute à cette époque quil commença à fréquenter les Six-Nations de la rivière Grand. Il enseigna pendant un certain temps à la baie de Quinte, un village iroquois à louest de Kingston. Il entreprit également les premières de ses nombreuses randonnées à travers lAmérique du Nord, voyageant dans la région de lOhio comme commerçant et établissant de multiples contacts. Mais lappel de létablissement de la rivière Grand était puissant. Norton était particulièrement inspiré par le chef mohawk, Thayendanega (Joseph Brant). Norton absorba la langue et la culture mohawk et fut adopté dans la communauté comme le neveu de Thayendanega. Grâce à son oncle, il acquit le statut de chef et reçut le nom de Teyoninhokarawen. Le nom mohawk de Norton signifie " porte ouverte ". Le nom suggère que Norton possède une nature dune forte dualité : il est à la fois chef de paix et chef de guerre. Comme Tecumseh, Norton en vint à croire que le meilleur espoir pour les Premières Nations reposait dans la solidarité des Autochtones. Le caractère multiethnique de la communauté de la rivière Grand renforçait cette vision. Le voyage dun an quil fit en 1809 eut le même effet. Norton descendit vers le sud pour mieux connaître son ascendance cherokee et se renseigner sur les conditions de vie des autres Premières Nations aux États-Unis. À lapproche du conflit anglo-américain en 1812, Norton fut perçu par ladministration britannique comme un allié incontestable. Il avait conservé certains aspects de son héritage blanc (cétait un pieux Anglican) et avait entretenu des rapports étroits avec les Britanniques lorsqu'il vivait à la rivière Grand. Norton se méfiait des politiciens. Il préférait traiter avec les chefs militaires et cétait par le biais dune alliance militaire que Norton espérait obtenir des avantages pour les Premières Nations. En dépit de linfluence exercée par Norton, de nombreux Iroquois voyaient dun mauvais il toute alliance avec les Britanniques ou les Américains. Mais Norton avait le soutien dun jeune chef héréditaire de la communauté de la rivière Grand, le fils de Brant, AhYouwaseghs. Ensemble, ils rassemblèrent une force assez importante pour combattre aux côtés du général Brock. Norton et ses guerriers étaient présents à Detroit, à Queenston Heights et se distinguèrent fortement dans les batailles de la péninsule du Niagara à lété de 1814. À Chippewa, les Iroquois de la rivière Grand combattirent leurs cousins de New York lors dune confrontation sanglante. Après ce tragique événement, les Six-Nations iroquoises décidèrent de se retirer de la guerre complètement. Norton et ses guerriers sont peut-être plus particulièrement associés à la bataille de Queenston. Ce sont leurs cris à vous en glacer le sang, dit-on, qui ont découragé la milice américaine de traverser la frontière canadienne retenant les forces dinvasion américaines jusquà ce que les renforts britanniques arrivent. Pour son rôle dans cette victoire, Norton se vit conférer le " rang de capitaine des Indiens confédérés ". Après la guerre, Norton retourna en Angleterre avec sa femme et son fils. Ils revinrent plus tard à la rivière Grand, mais il semblerait quil se soit séparé de sa famille. Il quitta la région du Niagara et lon croit quil a voyagé dans les régions qui allaient devenir le Sud-Ouest des États-Unis. John Norton est probablement mort vers la fin de 1831.
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