Guerre de 1812people

Edward Pakenham

Britanniques

La bataille de Nouvelles Orléans

Edward Pakenham naquit, en 1778, dans une famille très en vue de l’aristocratie anglo-irlandaise. Il entra dans l’armée très jeune et gravit les échelons rapidement, grâce à la combinaison de son habileté naturelle et de ses origines aristocratiques. Il n’avait pas encore seize ans lorsqu’il atteignit le rang de chef de bataillon dans les Ulster Light Dragoons.

Pakenham combattit durant les guerres de la Révolution française et fit partie de l’expédition qui captura l’île de Sainte-Lucie en 1803 et au cours de laquelle il subit une grave blessure au cou. Durant cette période, le beau et grand Pakenham acquit la réputation de soldat gentleman modèle, aux bonnes manières, respectueux et hautement apprécié par ces camarades officiers. L’image de Packenham fut encore rehaussée lorsque Arthur Wellesley, qui allait bientôt devenir duc de Wellignton, épousa sa sœur en 1806.

Packenham se distingua au cours de la campagne de la péninsule contre Napoléon, à compter de 1810, sous le commandement de son beau-frère. En moins d’un an, ses qualités de chef au combat lui valurent le rang de général de division. D’autres victoires suivirent, comme la bataille de Salamanca en 1812 et la bataille des Pyrénées en 1813. Pour ses exploits au cours de ses engagements, Pakenham fut ennobli à Bath, en Angleterre, à la fin de 1813.

Lorsque la nouvelle de la mort du général de division Robert Ross parvint en Angleterre en 1814, il fallut trouver un remplaçant pour diriger la campagne de la Nouvelle-Orléans. Bien qu’il fût opposé à la guerre contre les États-Unis, Pakenham accepta le commandement de l’armée britannique en Amérique du Nord. Il partit presque aussitôt pour la Jamaïque, où il devait retrouver d’autres forces britanniques, avant de se rendre sur la côte du golfe. Des vents violents retardèrent la traversée de Pakenham. Lorsqu’il arriva à la Jamaïque, le vice-amiral Cochrane était déjà parti pour la Nouvelle-Orléans afin de commencer les opérations.

Pakenham rejoignit finalement le camp des forces d’avant-garde britanniques, à la plantation Villere, à 12 kms au sud de la Nouvelle-Orléans, le jour de Noël 1814. Il fit preuve d'esprit de commandement et de détermination dans le déplacement des grosses pièces de l’artillerie britannique sur un terrain extrêmement difficile, mais l’opération était entravée par un manque de renseignements, une ligne de ravitaillement inadéquate et un temps glacial.

Pakenham décida finalement de lancer une attaque bicéphale contre les Américains postés des deux côtés du Mississippi. Mais Pakenham négligea de retarder son assaut contre la ligne de Jackson jusqu’à ce que le colonel Thornton eût capturé les canons américains sur la rive ouest. Ce fut une erreur fatale. Dans une tentative de rallier ses hommes, qui avaient commencé à battre en retraite, Pakenham chevaucha à proximité des lignes ennemies en leur criant des encouragements. Il fut démonté de son cheval par un boulet de canon, mais enfourcha rapidement la monture de son aide de camp. Au moment où il s’élançait à nouveau, il fut atteint par deux projectiles, un à la poitrine et l’autre à la gorge.

Il fut ramené vers l’arrière où il émit un dernier ordre : lancer au combat les forces de réserve sous le commandement du général de division John Lambert. Quelques minutes plus tard, Pakenham expirait, ses dernières paroles étant : " Défait par manque de courage. "

À la mémoire du général tombé au combat, le public britannique ramassa des fonds pour ériger une statue grandeur nature en son honneur. Elle se trouve aujourd’hui dans le transept sud de la cathédrale Saint-Paul, à Londres.