Guerre de 1812people

Oliver Hazard Perry


La medaille de Perry

Américains

Comme plusieurs officiers de sa génération, Oliver Hazard Perry commença sa carrière comme aspirant, à l’âge de quatorze ans. Qu’il se soit retrouvé dans les rangs de la marine n’a rien d’étonnant. Ce fils d’un capitaine de la marine, né à South Kingston au Rhode Island, fit son premier voyage en mer à bord d’un navire commandé par son père.

Parallèlement aux études nécessaires à son avancement dans les rangs de la marine, Perry s’intéressait à l’escrime et à l’équitation. C’était aussi un flûtiste de talent et un lecteur passionné.

Perry fut promu lieutenant à dix-sept ans. À vingt-deux ans, on lui confia la surveillance du chantier de construction des canonnières, à Newport, au Rhode Island. À l’âge de vingt-quatre ans, il commandait la goélette Revenge. Ce navire coula, au large de la côte du Rhode Island, et Perry fut suspendu de ses fonctions en attendant l’enquête, qui le blanchit en 1811.

Au moment du déclenchement de la guerre contre la Grande-Bretagne, Perry commandait l’escadre de canonnières qu’il avait construite cinq ans plus tôt. Une situation de tout repos qui poussa Perry à poser sa candidature, à plusieurs reprises, pour un poste au cœur des hostilités.

Son souhait se réalisa au début de 1813 lorsqu’on lui attribua le commandement de l’escadre du lac Érié. Les ordres étaient de passer devant les canons britanniques à fort Érié avec les plus petits bateaux de l’escadre, et de filer droit vers le large. On lui donna aussi la permission de construire deux nouveaux navires dans le dessein de modifier l’équilibre des forces en présence sur le lac, et lui permettre de vaincre l’escadre britannique commandée par Robert Herriot Barclay.

Le commodore Perry était grand et bien proportionné : " un homme, un vrai " selon ceux qui le connaissaient. Il était un exemple de loyauté pour ses hommes. Cependant, il souffrait d’une bien étrange phobie : il était terrifié à la vue d’une vache. On disait qu’il alla jusqu’à parcourir des kilomètres dans la boue jusqu’aux genoux plutôt que de croiser une vache.

Perry était considéré, par ses contemporains, comme un homme dont la chance était proverbiale. L’expression " chance de Perry " fera partie du vocabulaire de ses concitoyens longtemps après sa mort.

La chance était sans doute de son côté le jour où il tenta d’avancer avec son escadre, jusqu’au milieu du lac Érié. Perry, profitant d’un moment où les Britanniques avaient dû temporairement abandonner fort Érié, passa sous les canons du fort sans être importuné. Mieux encore, il réussit à parcourir 130 kms en direction de Presque Isle, sans être remarqué.

À Presque Isle, il érigea le chantier naval nécessaire à l’agrandissement de sa flotte. Le lieu bourdonnait d’activités. On disait alors " qu’un arbre qui poussait dans la forêt le matin devenait navire le soir venu ".

Perry acheva les brigantins en un temps record mais il dut faire face à un autre problème : les nouveaux vaisseaux avaient un tirant d’eau trop grand, les empêchant de franchir la barre qui fermait l’entrée du port de Presque Isle. Perry et son maître-bâtisseur, Noah Brown, conçurent un système destiné à mettre à flot les nouveaux brigantins en utilisant des chalands faits sur mesure.

Une fois encore, Perry profita de sa chance légendaire. Un de ses nouveaux vaisseaux s’était échoué sur la barre au moment où la flotte britannique apparaissait à l’horizon. Perry opta pour la ruse en envoyant deux petits navires vers les Britanniques, dans une manœuvre de diversion. Dans la brume du matin, le commandant britannique Robert Barclay ne remarqua pas la fâcheuse position du brigantin. Il s’éloigna, croyant que les nouveaux navires avaient déjà atteint le large, et que les Américains l’avaient floué.

Après avoir gagné la bataille du lac Érié, Perry démontra une grande compassion pour son prisonnier Barclay. Les deux hommes devinrent bons amis et Perry obtint, pour Barclay, une remise en liberté pour cause de blessure, ce qui lui permit de retourner en Grande-Bretagne pour y être soigné. En retournant chez lui, au Rhode Island, Perry fut salué par ses concitoyens et considéré comme un héros national.

Sa chance proverbiale l’abandonna en 1819. Alors qu’il commandait deux navires de guerre sur le fleuve Orinoco, au Venezuela, il contracta la fièvre jaune et mourut le 23 août, le jour de ses trente-quatre ans.