Guerre de 1812people

George Prevost

 

 

Britanniques

L’armistice Dearborn-Prevost

La bataille de Plattsburg

Prevost à Plattsburg

 


Anne Prevost

George Prevost est né au New Jersey en 1767. Fils aîné d’un officier de l’armée britannique, né en Suisse, il fut éduqué en Angleterre et en Amérique du Nord dans l’optique d’une carrière militaire éventuelle.

Prevost avait longuement servi dans les Caraïbes avant de prendre le commandement des forces britanniques en Amérique du Nord, le 4 juillet 1811. Peu de temps après, il prêtait serment comme administrateur colonial en chef du Canada.

Bilingue, Prevost gagna rapidement l’appui des dirigeants canadiens-français et de la hiérarchie de l’Église catholique en raison de ses politiques conciliantes. Cette approche éloigna plusieurs membres de l’élite anglophone québécoise. Ces ennemis politiques auraient d’ailleurs l’occasion d’attaquer Prevost après sa désastreuse retraite de Plattsburg.

Au début de la guerre, les forces britanniques se trouvèrent terriblement surpassées en nombre. Pour défendre un territoire de milliers de milles carrés, Prevost pouvait compter sur moins de neuf mille soldats de métier. La population totale du Canada n’atteignait pas un demi-million tandis que celle des États-Unis se chiffrait à plus de sept millions d’habitants. Prevost ne pouvait guère espérer de l’aide de la Grande-Bretagne, préoccupée par la guerre que le Duc de Wellington livrait, en Europe, à Napoléon.

La situation poussa Prevost à adopter une stratégie défensive. Son premier geste, après le déclenchement de la guerre, fut de négocier une trêve avec le commandant en chef américain, le major général Dearborn.

L’armistice était une solution typique de Prevost. C’était un diplomate de talent, mais, comme chef militaire, il était beaucoup moins habile. La politique de Prevost consistait à constamment renforcer ses défenses, attendre l’ennemi, retarder la guerre le plus possible et, en tout temps, éviter les erreurs graves.

Cette approche réussit fort bien jusqu’en 1814 ; le rêve américain de conquérir le Canada n’était pas plus près de se réaliser qu’il ne l’était avant la guerre. Mais, lorsque Napoléon fut vaincu en Europe, les troupes de Wellington commencèrent à affluer en Amérique du Nord. Les troupes britanniques surpassaient, maintenant, en nombre les soldats américains et Londres demanda à Prevost d’agir plus agressivement. Prevost, cependant, ne pouvait pas se défaire de ses vieux instincts.

Ayant reçu l’ordre de capturer Plattsburg, Prevost envahit les États-Unis, en septembre 1814, avec une armée de près de dix mille hommes. Il s’arrêta devant la ville, mal défendue, mais n’arriva pas à ordonner l’assaut final. Au lieu de cela, il talonna le commandant de sa flotte du lac Champlain, le capitaine George Downie, pour qu’il attaque la flotte américaine ancrée dans la baie de Plattsburg. La bataille se termina d'une manière désastreuse pour les Britanniques. Les Américains, combattant à la manière et au lieu de leur choix, détruisirent la flotte britannique.

Prevost avait promis à Downie une attaque terrestre simultanée, mais il n’en donna l’ordre qu’une fois la bataille navale presque terminée. Lorsqu’il apprit que la flotte britannique avait été défaite, il ordonna la retraite générale. Il se retira en dépit des conseils de ses officiers supérieurs qui considéraient que Plattsburg demeurait encore une proie facile.

La carrière de Prevost au Canada se termina dans la disgrâce. Il fut rappelé en Angleterre et une cour martiale navale le jugea responsable de la défaite de Plattsburg. Espérant pouvoir sauver sa réputation, il demanda une nouvelle audience.

Prevost mourut, en 1816, peu de temps avant que cette audience soit convoquée.