Winfield
Scott
Américains
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Au
début de la guerre de 1812, Winfield Scott était un jeune
colonel américain très prometteur. À la fin, il était
devenu un héros national. Dès le début du conflit,
il faisait montre des caractéristiques qui allaient lui permettre
de monter en grade et de forger sa renommée : discipline, dons
pour le commandement, bravoure et suffisance. Il allait contribuer fortement
au succès militaire américain et laisser sa marque sur le
caractère même de l'armée.
Originaire
de Virginie, Scott naquit en 1786 et devint d'abord avocat. En 1808, il
entra dans l'armée, à titre de capitaine d'artillerie. Comme
soldat, il avait fière prestance. En plus d'être bel homme,
il mesurait près de six pieds et demi (1 m 98). Son ego était
à la mesure de son physique : lorsqu'il reçut son premier
uniforme, on dit qu'il passa des heures à s'admirer devant deux
psychés.
Mais
la haute opinion que Scott avait de lui-même ne dépendait
pas que de son apparence. Il possédait un puissant intellect et
une immense soif de savoir. En autodidacte, il étudia le grec,
le latin, la rhétorique, la philosophie et, son sujet favori, la
tactique militaire. Tout au long de la guerre, la voiture qui portait
ses effets personnels contenait une vaste collection de littérature
militaire classique et les derniers ouvrages européens sur la stratégie.
Ses camarades-officiers craignaient de discuter tactique avec lui, car
il pouvait à tout instant gagner un débat en citant une
autorité indiscutable.
Scott
n'était pas homme à garder ses critiques pour lui, même
quand elles visaient ses supérieurs. Pendant les deux premières
années de la guerre, ses promotions furent ralenties par ce qu'il
appelait " les imbécillités " des autres
officiers, et par la stratégie de guerre américaine en général.
Scott croyait qu'il avait été mis en mauvaise posture et
fait prisonnier, à Queenston, à cause de l'inexpérience
de son commandant. Il croyait également que c'était, encore
une fois, l'incompétence qui avait fait en sorte qu'on l'empêche
d'avancer au cours de l'attaque de mars 1813 sur le fort George. Toujours
en 1813, sa stratégie d'invasion du Canada avait été
ignorée, ce qui apporta la performance médiocre de Wilkinson
sur le Saint-Laurent.
Mais
le fait que Scott démontra, tout au long de 1813, des qualités
de commandement, alors que beaucoup d'officiers supérieurs manifestaient
une trop grande prudence ou étaient simplement incompétents,
ne passa pas inaperçu aux yeux du président Madison. En
mars 1814, il fit en sorte que Scott soit promu général
de brigade. Celui qui devint alors le plus jeune général
de l'armée avait maintenant des troupes à mener selon son
bon vouloir.
 
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