Winfield
Scott
Américains
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Quand
Scott fut chargé de ses bataillons, stationnés à
Buffalo, leur moral et leur santé étaient en piteux état,
et la désertion était chose fréquente. Les choses
allaient vite changer de façon remarquable. Il donna à ses
officiers une éducation soignée en stratégie de bataille
et il mit les rangs inférieurs au travail. Pendant quatre mois,
il soumit ses soldats à dix heures par jour d'un entraînement
que seules l'obscurité et parfois la pluie venaient interrompre.
Les affreuses conditions sanitaires qui régnaient au camp furent
corrigées selon les normes prônées par Scott, et la
maladie décrue de façon spectaculaire. Les officiers et
les hommes commencèrent à avoir du respect pour eux-mêmes
en tant qu'unité combattante. La plupart d'entre eux était
heureux de servir sous Scott, qu'ils voyaient comme un brillant tacticien
nanti de l'instinct du guerrier.
En
juillet 1814, Scott traverse la rivière Niagara à la tête
de son armée et prend aisément le fort Érié.
Il connaît toutefois son succès le plus éclatant quand,
grâce à son audace et à l'entraînement rigoureux
de ses hommes, il défait les Britanniques dans une classique bataille
rangée en terrain découvert. Mais, trois semaines plus tard,
l'audace de Scott, dont certains disent qu'elle frise la témérité,
allait avoir des conséquences tragiques à la bataille de
Lundy's Lane.
Scott
lança directement son bataillon contre des forces britanniques
supérieures en nombre et ses hommes furent décimés.
Il fut lui-même grièvement blessé et passa le reste
de la guerre en convalescence. Des critiques accusèrent Scott d'avoir
sacrifié ses hommes dans sa poursuite de la gloire. Mais ces accusations
furent balayées par l'adoration du public américain, qui
voyait en Scott un de ces jeunes guerriers héroïques, qu'il
a toujours aimé aduler.
Après
la guerre de 1812, Scott mit de l'avant une réforme des tactiques
d'infanterie de l'armée américaine qui allait modifier l'entraînement
de base des troupes. Il put tester ses améliorations dans ses campagnes
au Mexique, qui furent, du moins du point de vue des Américains,
couronnées de succès. En 1852, il obtint la nomination à
la présidence, mais fut défait à l'élection.
En 1861, après quarante-sept ans dans l'année, il prit sa
retraite pendant que les États-Unis étaient dans les affres
de la guerre de Sécession. Il mourut en 1866.
 
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