Guerre de 1812people

Les Six-Nations iroquoises

 

Premières Nations

Les six-nations d'Iroquois

Lire le compte rendu de John Norton sur la rencontre des frères des Six-Nations après la Bataille de Chippawa

Les iroquois en 1814

Les iroquois à Queenston

 

 

 

Les Six-Nations iroquoises

En 1812, alors que les colonies américaines et canadiennes continuaient de se développer à vive allure, l’influence politique de la Confédération des Six-Nations commençait à décroître. La confédération se retrouvait dans un environnement de plus en plus malaisé. Le Traité de Paris de 1783 qui mettait fin à la guerre de l'Indépendance américaine, laissait les Iroquois à cheval sur une nouvelle frontière entre les États-Unis et le Canada. Cette frontière finit par créer une division politique et physique entre des tribus de même sang.

La Confédération des Six-Nations comprenait les nations suivantes : Mohawk, Cayuga, Onéida, Onandaga et Sénéca. La nation Tuscarora s’y joignit plus tard. Traditionnellement, elles occupaient les territoires dans la région qui allait devenir le centre de l’État de New York; près de trois mille Indiens, cependant, vivaient dans des régions du Bas-Canada, et un groupe moins important s’était établi au Haut-Canada. Le chef iroquois Thayendanega (Joseph Brant) avait mené son peuple contre les Américains pendant la guerre d’Indépendance. Après la guerre, Brant avait établi une communauté à rivière Grand (Grand River), dans la péninsule de Niagara au Haut-Canada.

Cette communauté de rivière Grand se considérait partie intégrante d’une nation indépendante. Elle était constituée essentiellement d’Iroquois, mais elle comptait également des Indiens d’autres tribus ainsi que quelques colons noirs et blancs qui préféraient le mode de vie des Premières Nations. Comme elle s'était consignée à un territoire limité, la communauté de rivière Grand devint de plus en plus dépendante du gouvernement des blancs en ce qui concernait les approvisionnements dont elle avait besoin pour continuer de mener un mode de vie européen qui mettait l’accent sur l’agriculture.

La division entre les Iroquois de chaque côté de la frontière canado-américaine s’accentua lorsque le conflit de 1812 s’aggrava. Les Iroquois avaient de bonnes raisons de se méfier des gouvernements britannique et américain. L’expérience leur avait démontré que le souci pour le bien-être autochtone, manifesté par ces derniers, était toujours et directement lié aux intérêts des Blancs. Les promesses faites par les gouvernements des Blancs étaient souvent brisées.

Les Iroquois de New York étaient déterminés à demeurer neutres. De nombreux Iroquois du Canada étaient également enclins à se tenir à l’écart des conflits entre Blancs. Cependant, le grand chef de la communauté de rivière Grand avait une vision différente. Teyoninhokarawen (John Norton) croyait que les intérêts de son peuple ne pouvaient pas être aussi facilement dissociés des affaires de la société des Blancs qui les entouraient. Il pensait que le bien-être de sa communauté se trouverait mieux protégé par une alliance avec les Britanniques.

Peut-être que les campagnes brutales menées par William Henry Harrison contre les Indiens des territoires du Michigan et de l’Ohio ont facilité le choix de partenaires qu’allait faire Norton. Après de longues négociations, les Six-Nations s’entendirent entre elles pour que les Iroquois de New York conservent leur neutralité. La communauté de rivière Grand aurait la liberté de combattre aux côtés des Britanniques. Et, plus important encore, aucun guerrier iroquois n’affronterait ses frères au combat.

Au début, l’accord fut tenu. Les Iroquois de rivière Grand et de Kahnawake contribuèrent de façon marquante aux victoires britanniques à Beaver Dams et à Queenston Heights. Mais lorsque les Britanniques envahirent Black Rock, durant l’été de 1813, les Sénécas et les Iroquois qui vivaient à proximité interprétèrent ce geste comme une attaque dirigée contre eux. Les tribus américaines répliquèrent en prenant part au raid américain contre le fort George où ils affrontèrent leurs frères de rivière Grand.

Happés par des événements hors de leur maîtrise, les Iroquois combattront à nouveau dans des camps opposés, à la bataille de Chippewa, en juillet 1813. Au cours de cette bataille, plus de quatre-vingts guerriers iroquois seront tués, la plupart par d’autres Iroquois. Cette tragédie poussera les Iroquois à se retirer presque entièrement de la guerre afin de sauvegarder leur confédération.