Guerre de 1812people

Alexander Smyth

Américains

 

Alexander Smyth (1765-1830) naquit en Irlande, mais sa famille émigra en Virginie alors qu'il n'était encore qu'un enfant. Il étudia le droit et devint par la suite membre du Sénat de Virginie. Après avoir reçu une commission de colonel dans l'armée américaine, en 1808, il fut nommé inspecteur général des armées par William Eustis, alors ministre de la Guerre.

La nomination était surprenante, puisque l'expérience que Smyth avait de la supervision des forces armées se limitait à la traduction qu'il avait faite des directives françaises en la matière. Il n'est donc pas étonnant que Smyth n'ait pas consacré beaucoup de temps à organiser l'armée ou à en améliorer la discipline. Il espérait plutôt se distinguer sur le champ de bataille et persuada Eustis de l'envoyer dans la région de Niagara.

En septembre 1812, le général Smyth arriva à son poste de Buffalo pour découvrir qu'il était subordonné à un commandant de milice, Stephen Van Rensellaer. Plein de mépris pour ce dernier, il ne lui fournit aucun soutien au cours de l'attaque sur Queenston Heights. Étrangement, ce fut Smyth qui remplaça le général Van Rensellaer, tombé en disgrâce, au commandement de la campagne de Niagara.

Smyth était sans doute encore pire commandant que Van Rensellaer, et ses hommes n'avaient pratiquement aucun respect pour lui. Il se vantait continuellement de pouvoir traverser la rivière Niagara pour prendre le fort Érié et refaire la réputation américaine ternie par la débâcle de Queenston Heights. En novembre, il tenta l'invasion. Mais, malgré les quatre mille cinq cents hommes à sa disposition, sa planification floue et son incompétence au combat firent rater l'attaque. Ses soldats vinrent près de se mutiner et il y eut même des attentats sur sa vie.

Après l'invasion manquée, Peter B. Porter dénonça publiquement Smyth et le provoqua même en duel. Madison fit par la suite remarquer que " le talent militaire de Smyth est aussi surévalué par le principal intéressé que par ses amis. " Mais, c'est sans doute le Congrès qui lui fit l'insulte la plus cuisante en abolissant tout simplement son poste, en mars 1813. Smyth rentra en Virginie et son nom fut un jour effacé de la liste des effectifs de l'armée. Pratiquant toujours le droit, il siégea durant six mandats à la Chambre américaine des représentants.