Tecumseh
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Le discours qui suit a été prononcé par Tecumseh, devant les Osages des Grandes Plaines, au cours d'une des visites qu'il fit à diverses Premières Nations durant l'hiver de 1811-1812. Il voulait ainsi susciter des appuis à sa Confédération indienne. " Frères, nous appartenons tous à la même famille, nous sommes tous des enfants du Grand Esprit. Nous marchons sur le même sentier, nous apaisons notre soif aux mêmes cours d'eau et, maintenant, des questions de la plus haute importance nous amènent à fumer le calumet autour de ce feu du conseil. Frères, notre amitié commande que nous nous aidions mutuellement à porter nos fardeaux. Le sang de beaucoup de nos pères et de nos frères a coulé sur le sol comme de l'eau, pour satisfaire l'avidité de l'homme blanc. Tous, nous sommes menacés par un mal sinistre : rien n'apaisera les Blancs sauf la destruction de toute la race des hommes rouges. Frères, quand les Blancs ont mis le pied sur notre terre, ils étaient affamés, ils n'avaient pas d'endroit pour étendre leurs couvertures, pour entretenir leurs feux. Ils étaient faibles et ne pouvaient subvenir à leurs besoins. Nos pères ont montré de la compassion pour eux et ils ont partagé tout ce que le Grand Esprit avait donné à ses enfants rouges. Ils leur ont donné de la nourriture quand ils avaient faim, des remèdes quand ils étaient malades. Ils ont étendu des peaux pour qu'ils puissent dormir et leur ont donné des territoires pour qu'ils puissent chasser et cultiver le maïs. Frères, les hommes blancs étaient faibles quand ils sont arrivés parmi nous. Maintenant que nous les avons rendus forts, ils veulent nous tuer ou nous repousser, comme si nous étions des loups ou des panthères. Frères, les hommes blancs ne sont pas les amis des Indiens. Ils ont commencé par demander seulement assez de place pour un wigwam, mais ils ne seront pas satisfaits avant d'avoir pris tous nos territoires de chasse, du levant au couchant. Frères, les hommes blancs ne veulent pas seulement nos territoires de chasse, ils veulent aussi tuer nos guerriers et même nos vieillards, nos femmes et nos petits enfants. Frères, il y a bien des hivers, il n'y avait pas de terre, le soleil ne se levait ni ne se couchait, tout n'était qu'obscurité. Le Grand Esprit a créé toutes les choses. Il a donné aux hommes blancs une terre, de l'autre côté des grandes eaux. Ici, il a mis du gibier et il a donné les terres à ses enfants rouges, il leur a aussi donné la force et le courage de défendre ce qui est à eux. Frères, mon peuple désire la paix, tous les hommes rouges désirent la paix. Mais, où l'homme blanc se trouve, il n'y a pas de paix pour nous, sauf dans le ventre de notre mère. Frères, les hommes blancs n'ont que mépris et fourberie pour les Indiens. Ils abusent de nous et nous insultent, ils ne croient pas que l'homme rouge mérite de vivre. Les hommes rouges ont subi beaucoup de très grands torts, ils ne doivent plus en subir. Mon peuple ne subira plus, il est déterminé à se venger, il boira le sang des hommes blancs. |