Guerre de 1812people

Tecumseh

Premières Nations

Les six-nations iroqouises

Tecumseh à Détroit

Tecumseh à Moraviantown

Les discours prononcés par Tecumseh

Description de Tecumseh

La bataille de Détroit

 

 

Tecumseh à Détroit

À Amherstburg, là où la première confrontation majeure de la guerre qui vient tout juste d’éclater, est en train de se préparer, les résultats des efforts de Tecumseh pour créer la First Nations Confederacy sont palpables. Tecumseh a réuni près de huit cent guerriers impatients d’en découdre avec les troupes américaines. Conscients que les Américains ont peur des Autochtones, et sachant que des guerriers des Premières Nations ont aidé à la capture de Michilimackinac, un nombre accru de tribus demeurées neutres jusque-là se rallie à la coalition grandissante de Tecumseh.

Tecumseh rencontre Brock pour la première fois, le 14 août, peu après minuit. Le général l’impressionne et il voit en Brock un guerrier et un commandant de grande compétence. Il sent aussi que Brock comprend la situation désespérée des Premières Nations du Nord-Ouest. Le lendemain matin, Tecumseh s’adresse à ses hommes. Il fait acte d’allégeance au souverain britannique, affirmant que ce dernier est enfin venu aider son peuple à repousser les Américains.

Après s’être rendus à Sandwich pour y évaluer la situation, Tecumseh et Brock décident que les Autochtones iront manifester leur présence aux Américains enfermés à l’intérieur de fort Detroit. Tecumseh estime que Brock est comme lui, un homme d’action et de courage. Pour amorcer la confrontation, Tecumseh, aux petites heures au matin du 16 août, traverse la rivière avec le gros de son armée et cerne Detroit.

La bataille tant attendue avec les Américains n’a pas lieu. Fort Detroit se rend presque immédiatement. Les guerriers se sentent privés d’une chance de montrer leur bravoure. À défaut de cela, ils comptent bien s’en prendre aux survivants. Mais, grâce à son influence, Tecumseh empêche le massacre. Pour les Autochtones, cette capitulation sans combat est un autre exemple de la façon étrange que l’homme blanc a de faire la guerre. Cette reddition amène Tecumseh à penser que ses alliés britanniques pourraient peut-être bien exhiber une faiblesse semblable dans un moment décisif.

L’inquiétude de Tecumseh quant à l’engagement britannique dans cette guerre ne fait qu’augmenter, quand il entend parler de l’armistice signé par le gouverneur général George Prevost et le ministre de la Guerre américain Henry Dearborn. Il sait que tous les espoirs de sa confédération, c’est-à-dire la création d’une patrie autochtone, dépendent de la volonté des Britanniques à vaincre les Américains.

Malgré l’apport vital des guerriers de Tecumseh à la victoire de Detroit, il en ait peu fait mention dans les rapports britanniques officiels. Brock parle de leur bravoure dans une de ses dépêches, mais on sent qu’il les considère comme des partisans sympathisants, et non comme des alliés à part égale.

Le capitaine John B. Glegg était un des aides de camp du général Brock à Amherstburg. Il a fait cette description de Tecumseh à l’occasion d’une rencontre entre le chef Shawnee et le général :

" Tecumseh est d’apparence générale très avenante; son corps est élancé et bien proportionné. Il doit avoir autour de trente-cinq ans. Il fait entre cinq pieds neuf pouces et cinq pieds dix pouces (1 m 78). Il a le teint légèrement cuivré. Son visage est ovale avec des yeux noisette pétillants de gaieté, d’énergie et de détermination. Il porte trois petites couronnes d’argent suspendues au cartilage inférieur de son nez aquilin, et un grand médaillon à l’effigie de Georges III, attaché à une corde wampum colorée, pend à son cou. Simple et propre, l’uniforme qu’il porte est fait d’une veste en peau de daim tannée et d’un long pantalon fait du même cuir. Les coutures de ces deux vêtements sont couvertes d’une frange bien coupée. Il chausse des mocassins de cuir richement ornés d’aiguillons de porcs-épics teints. "