Guerre de 1812people

James Lucas Yeo

 

Britanniques

Construction navale sur lac Ontario

James Yeo joignit les rangs de la marine royale britannique en 1782, à l’âge de dix ans. Promu lieutenant en 1797, il se tailla rapidement une réputation d’intrépide en menant des expéditions audacieuses contre Cesanatico Harbour en 1800 et contre Muros Harbour en 1805. À Muros Harbour, il prit d’assaut le fort avec ses cinquante hommes et captura le corsaire français, le Confiance. Il fut alors nommé commandant du Confiance et en devint capitaine en 1807.

Yeo s’empara du bastion français de Guyane pour le régent du Portugal. À la tête d’une armée mixte, portugaise et britannique de quatre cents hommes, il attaqua une forteresse dont la garnison comptait mille deux cents hommes et deux cents canons. Cet exploit lui valut le titre de chevalier, au Portugal.

En mars 1813, Yeo devint commodore et commandant en chef des forces navales britanniques sur les Grands Lacs canadiens. À la fin de mai 1813, l’escadre de Yeo soutint Sir George Prevost lors de l’attaque de Sackett’s Harbour dans l’État de New York, mais échoua dans sa tentative de détruire le navire américain, le General Pike. En juin, Yeo collabora avec le général John Vincent dans un affrontement à Stoney Creek, où ils repoussèrent une invasion américaine.

En août et en septembre, la flotte de Yeo, constituée alors de six brigantins, de plusieurs goélettes et de deux nouveaux vaisseaux, le Wolfe et le Royal George, engagea, dans plusieurs assauts, la flotte américaine commandée par Isaac Chauncey. Aucun de ces affrontements ne fut concluant, mais ce genre de bataille éclair était tout à fait dans l’esprit des stratégies de Yeo dont l’intention était de réserver son escadre pour la défense du Haut-Canada, plutôt que de chercher à entraîner l’ennemi sur tous les fronts.

Si l’on en croit James L. Mooney, Chauncey et Yeo souffraient " d’une maladie qui sévit dans la marine : la crainte de la défaite supplantant le désir de la victoire ".

Un plan ambitieux de construction navale fut initié par Yeo durant l’hiver de 1813. Les Américains, sous le commandement d’Isaac Chauncey, construisaient frénétiquement de nouveaux bâtiments, et Yeo voulait les empêcher de prendre la maîtrise du lac Ontario. Cette course contre la montre allait se poursuivre jusqu’à la fin du conflit.

La demande, sans cesse croissante de Yeo, d’hommes et de munitions pour le lac Ontario, priva Robert Barclay sur le lac Érié, et George Downie sur le lac Champlain, des marins et de l’équipement militaire nécessaire au maintien de la force navale britannique sur ces lacs.

D’autres initiatives de Yeo empêchèrent de nouvelles invasions américaines : une première, le long des rives du Saint-Laurent, et une autre, à travers la péninsule du Niagara, en 1814. À la fin de cette année-là, Yeo fut rappelé en Angleterre afin de témoigner en cour martiale contre plusieurs officiers, dont Sir George Prevost, pour la perte de l’escadre britannique sur le lac Champlain.

Yeo fut fait chevalier à la fin de la guerre et on lui confia le commandement de la base navale de Portsmouth et, plus tard, celui de la flotte africaine. Il mourut de la fièvre pendant un voyage entre la Jamaïque et l’Angleterre, le 21 août 1818.