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Le massacre de Cherry Valley
(11 novembre 1778)
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Au début de novembre 1778, le capitaine Walter Butler remonte la vallée de la Susquehanna à la tête d'une armée de loyalistes constituée de 250 des Butler's Rangers, de 50 soldats britanniques, du chef Sayenqueraghta et d'environ 300 guerriers senecas, ainsi que de Joseph Brant accompagné d'une vingtaine de ses guerriers mohawks. Tous se dirigent vers Fort Alden, à l'ouest d'Albany, dans l'État de New York. Ce fort est aux mains des Américains.
Un guerrier oneida a secrètement révélé les plans de Butler aux Américains, mais ces derniers ont déjà reçu des avertissements semblables. Tous se sont avérés non fondés. Les colons américains réclament la protection du commandant du fort, le colonel Alden, qui la leur refuse et déclare qu'ils n'ont rien à craindre.
Le colonel Alden charge toutefois une dizaine d'hommes de patrouiller aux abords du fort. Le soir du 10 novembre, la patrouille s'endort auprès d'un grand feu de camp. Convaincu que l'avertissement est sans fondement, son chef, un certain sergent Hunter, ne poste aucune sentinelle. Il se réveille juste à temps pour constater que Butler et ses hommes les ont encerclés.
Aux abords du village qui avoisine le fort, un guerrier seneca ouvre le feu sur deux hommes: l'attaque-surprise est désormais gâchée. L'un des deux hommes est tué alors que l'autre, bien que grièvement blessé, réussit à se rendre au fort et à déclencher l'alarme. Les soldats américains barrent les portes quelques instants avant l'arrivée de Butler et de ses hommes. Entre-temps, les Senecas font bande à part et se livrent au saccage de la petite localité. Ils tuent 16 soldats américains, y compris le colonel Alden. De plus, ils massacrent 30 des villageois, pour la plupart des femmes et des enfants. Joseph Brant, qui connaît la plupart des victimes, tente de prévenir la tuerie, mais les Senecas refusent de l'écouter. Brant pose alors le seul geste en son pouvoir : il capture le plus grand nombre possible de gens et les sauve en les proclamant ses propres prisonniers.
Butler comprend qu'il ne pourra pas s'emparer du fort. Faute de mieux, ses hommes saccagent toutes les maisons, sauf celles qui appartiennent à des sympathisants des Britanniques. Ils partent le lendemain avec 70 prisonniers. Deux jours plus tard, Butler libère la majorité d'entre eux, n'en amenant qu'une poignée jusqu'à Fort Niagara. Il espère les échanger contre sa mère et ses jeunes frères et soeurs, qui sont prisonniers des Américains.
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